02.05.2009
L'autisme ou des autismes ?
Qui n'a jamais entendu parler de l'autisme ? Si je vous dis "Autisme" vous répondrez "Rain Man" (autisme forme Asperger = "autiste intelligent mais qui a un problème "social"). OK. Mais il y a autant d'autismes qu'il y a d'autistes. Ci dessous l'autisme le plus "commun" et hélas le plus connu, mais il ne doit pas faire oublier les enfants atteints d'autisme total c a d les enfants qui ne pourront jamais s'insérer dans la société, qui ne pourront jamais vivre seuls et seront dépendants toute leur vie. Ces enfants qui trouvent difficilement une place dans un centre "adultes" après 21 ans car ils ne seront pas "productifs" comme bon nombre d'handicapés qui pourront rendre de "petits services" à l'Institut. A un mois des élections, quel politique s'inquiète du sort des handicapés qui ne peuvent voter ? Moi j'ai deux votes car un autiste reçoit sa convocation comme tout le monde et tous les 4 ans il doit passer des examens auprès du Ministère de la Santé pour prouver qu'il est toujours autiste (des fois que Jésus serait passé par là pour le guérir style : lève toi et marche !) et bien je saurai quoi en faire = RIEN.
Article copié du Match français de cette semaine.
Autisme Asperger : Les garçons sont les plus touchés…
Selon Elaine Hardiman-Taveau, «les Asperger sont partout». La présidente de l’association Asperger aide France sait de quoi elle parle. Voilà quinze ans qu’elle se bat pour une meilleure prise en compte de ce syndrome lié à l’autisme. Samedi 4 avril, un bus s’est installé en plein Paris en présence de Penelope Fillon – marraine de l’association – pour sensibiliser le grand public en cette journée de l’autisme. C’est que les Asperger ne sont pas identifiables comme ça, en un clin d’œil car ils communiquent, contrairement aux autistes. Nombreux seraient même ceux qui passeraient à travers les mailles de la médecine : 59 % ne seraient diagnostiqués qu’à l’âge adulte. Tous les «Aspies», comme on les appelle, ne sont pas à l’image de Daniel Tammet. Tous ne sont pas savants, même si la majorité est dotée d’une bonne mémoire et d’une intelligence certaine. Contrairement à la plupart des autistes, les Asperger parlent et s’expriment avec une grande richesse de vocabulaire. Mais sur un ton monocorde. C’est à peine si, enfants, ils connaissent un retard de langage. Mais alors où est le problème ? «C’est au niveau des interactions sociales qu’il se situe», explique Marie-Claude Saiag, pédopsychiatre à l’hôpital Robert-Debré.
En clair, un Asperger ne comprend pas les consignes et encore moins l’implicite (90 % de la communication). «Lui demander de comprendre les règles reviendrait à demander à un aveugle de décrire les couleurs », explique encore Elaine Hardiman-Taveau. On parle alors de cécité mentale ou de cécité sociétale. Il y a en effet un défaut de transmission entre la réception et le traitement des informations. Les messages transmis au cerveau par les sens sont mal reçus. L’autisme a été découvert en 1943, et c’est un an plus tard qu’un médecin autrichien, Hans Asperger, a identifié un sous-groupe d’enfants présentant «une dysharmonie des émotions et du tempérament» et «dont le langage ne semble pas naturel». L’enfant Asperger ne sait pas gérer son existence au sein d’un groupe. Son trouble envahissant du développement (Ted) ne lui permet pas de s’insérer correctement parmi les autres.
Tony Attwood, grand spécialiste mondial de ce syndrome, estime que c’est à l’adolescence que les troubles deviennent voyants, prédominants et handicapants. Mais auparavant l’enfant – 1 fille pour 8 garçons – aura sans doute été exclu une ou plusieurs fois de son collège. Bien que son QI soit plus que respectable (mais avec de forts différentiels selon les différents paramètres), l’Asperger rencontre les plus grandes difficultés au niveau scolaire. Il peut être également atteint du trouble de l’attention et d’hyperactivité, souvent doublés d’un trouble anxieux et de l’humeur. Il est en outre incapable de comprendre les consignes des professeurs. Bref, il apparaît comme un enfant insupportable, sans éducation et désespérant. D’autant que, par une stratégie de compensation, l’enfant Asperger, ne comprenant pas les règles, peut imposer les siennes aux autres. Parfois, il se place en position de dominant pour masquer ses propres faiblesses.
Et, souvent, développe des attitudes suicidaires ou des incapacités à gérer sa frustration et sa colère. Pas facile de repérer ce «spectre autistique», même si certains signes devraient alerter : grande sensibilité au bruit, difficulté à regarder dans les yeux, dysfonctionnement en société, incapacité à exprimer des émotions et développement d’intérêts exclusifs. Pourtant, si l’association dénonce un véritable retard dans le diagnostic en France, l’hôpital Robert-Debré, qui célèbre actuellement ses 20 ans, propose une consultation spécifique dans son unité de psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent, où deux psychiatres (Richard Delorme
et Nadia Chabanne) se sont spécialisés dans les troubles autistiques et Asperger. «C’est assez mal connu en France, admet Marie-Claude Saiag.
Cliniquement, ce sont des tableaux très subtils et tous les patients n’ont pas nécessairement tous les symptômes. Et, en France, la psychiatrie a longtemps été tournée vers la psychanalyse. A Debré, nous avons eu la chance d’être formés par le Pr Dugas qui était également neurologue et travaillait en liaison avec les Anglo-Saxons. Diagnostiquer un Asperger, c’est le fruit d’une longue observation à plusieurs niveaux.» Les recherches sur le cerveau progressent mais l’autisme et ses ramifications restent mystérieux. On parle aujourd’hui de génétique de l’autisme. Reste à trouver la clef de sortie.
«Le syndrome d’Asperger», guide complet, par Tony Attwood, éd. De Boeck.
10:06 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : autisme, santé, asperger, livre, témoignage


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